Traiter de la gestion des déchets sur le site d’une station d’épuration. Cette initiative originale a séduit une trentaine d’entrepreneurs, déjà contraints par l’offre de solutions, et inquiets avec la REP qui se profile.

 

« La thématique de la gestion des déchets était souvent abordée lors de nos réunions de bureau », explique la présidente de la chambre territoriale du Beaujolais. « Lorsque nous avons décidé de programmer une réunion de chambre centrée sur ce sujet, nous avons cherché un site remarquable pour l’accueillir », poursuit Marie-Myriam Favre.

D’où l’organisation, le 21 février dernier, d’une rencontre sur la gestion des déchets dans le cadre de la station d’épuration des eaux du CITEAU (1), à Belleville-en-Beaujolais. Une rencontre à laquelle participaient aussi deux représentants de la chambre professionnelle de recyclage de la fédération, apportant ainsi leur contribution à l’information des adhérents du Beaujolais.

Après la visite du site (Cf. « Une station d’épuration du futur »), Frédéric Wolf, directeur métiers de BTP Rhône et Métropole, a attiré l’attention des chefs d’entreprise sur quelques points essentiels, tels que la traçabilité des déchets « de plus en plus exigible, et de plus en plus exigée » et le choix du prestataire.

Il a aussi évoqué les interrogations soulevées par la REP (Responsabilité élargie des producteurs), applicable aux déchets du bâtiment dès le 1er janvier 2022 (2). La profession craint un renchérissement de 8 à 10 % des matériaux et se pose des questions sur son application. Qui va collecter et valoriser les déchets ? Les filières existantes, qui fonctionnent bien, pourront-elles continuer à exister ?

 

« La séparation des matières devient impossible à un coût raisonnable »

« Nous valorisons déjà 70 % des déchets du BTP », remarquait alors Stéphane Eyraud, vice-président de la chambre de recyclage, inquiet des impacts de la loi REP et déjà très préoccupé par les contraintes touchant les plateformes (limitation des volumes accueillis), faute de filières locales à même de prendre en charge les déchets triés (plastique, bois…).

Pour Mickaël Remuet, entrepreneur spécialisé dans la déconstruction des bâtiments, la gestion des déchets se complexifie avec l’imbrication des matériaux liée aux normes visant l’isolation thermique et acoustique. « La séparation des matières devient impossible à un coût raisonnable », selon lui.

Un propos aussitôt confirmé par Stéphane Eyraud, précisant, à propos de la loi REP, que des démarches sont engagées auprès du législateur pour qu’il prenne en compte la problématique des filières.

Frédéric Wolf a ensuite rappelé l’existence de plusieurs outils mis à disposition par la fédération, en particulier une application répertoriant les sites d’accueil des déchets de chantier et la « caisse à outils » de la FFB (www.ffbatiment.fr/lacaisseaoutils).

Construire propre – Chargé de mission de « Construire Pro », une association créée par la fédération pour imaginer puis mettre en place des dispositifs facilitant le travail des entreprises, David Helleux a présenté la démarche « Construire Propre » qui vise à améliorer la propreté sur les chantiers, et au-delà, la sécurité des compagnons et l’image de la profession.

 

  • CITEAU : Centre intercommunal de traitement de l’eau Saône-Beaujolais-Belleville
  • Introduit par la loi anti-gaspi promulguée le 11 février dernier, ce système repose sur le principe d’une contribution financière sur les achats de matériaux

« Une station d’épuration du futur »

Guidée par Frédéric Pronchery, vice-président de la Communauté de communes Saône Beaujolais et président du CITEAU, la visite a permis aux adhérents de découvrir une installation performante à la fois dans le traitement des eaux usées mais aussi dans sa prise en compte du développement durable.

Bâtiment aux normes RT 2012, locaux BBC. Traitement des eaux faisant appel à des méthodes biologiques et à des produits naturels. Réserve de biodiversité avec 40 nichoirs… Verger naturel… « Une station d’épuration du futur, une référence en France », résume Frédéric Pronchery.

Mais là n’est pas la seule fierté du président du CITEAU. La station d’épuration joue aussi le rôle de fournisseur d’énergie. Elle récupère la chaleur contenue dans les effluents collectés (15°C en moyenne) pour alimenter un réseau de chaleur basse température connecté à trois immeubles (logements et bureaux).

Source btprhoneetmetropole.fr

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